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Allures et Manoeuvres

Quelques conseils sur les allures et les manoeuvres en voile.


Manoeuvre d’homme à la mer

Application : prise de mât

Hop ! C'est presque bon pour un tour à la baille (enfin, là c'est un jeu)


Manœuvre d’homme à la mer en catamaran
(praticable en monocoque)

2.1. Préambule

Il est indispensable de maîtriser la manœuvre d’homme à la mer en solitaire et  dans des délais brefs. Je vous invite à y réfléchir et à vous y entraîner au plus vite (avec un objet dans un premier temps). La manœuvre d’homme à la mer fait l’objet d’un test spécifique dans la formation de moniteur.

2.2. Quel côté choisir ?

Savoir de quel côté prendre l’homme à la mer est un très grand débat. Pour ma part, en
solo, je recommande le côté au vent, même si la dérive est problématique par très gros temps. Voici les arguments pour chacun :

Arguments pour la prise de la victime du côté au vent, c’est-à-dire du côté opposé aux voiles :

le barreur est déjà de ce côté, et, étant seul aux commandes, il n’est pas très
mobile. Si jamais le bateau n’était pas arrêté, un point de pivot du côté au vent le
ferait lofer et résoudrait le problème

seul le champ visuel au vent est réellement libre.

Arguments pour la prise sous le vent, c’est-à-dire du côté des voiles :

le côté sous le vent est plus bas (argument hilarant emprunté à la croisière)

Par gros temps, il est plus facile de s’arrêter au vent de l’homme à la mer et de
se laisser dériver. En effet, la manœuvre au vent est délicate car le catamaran
avance vite et recule dès qu’on lofe. Dans la manœuvre au vent, il faudrait
donc arriver vite, frôler l’homme en l’attrapant, puis seulement ensuite lofer.

2.3. Proposition simple de manœuvre, prise au vent

Idéalement, il faudrait calculer sa trajectoire pour s’approcher au près de l’homme à la
mer. L’expérience prouve que cela peut être difficile, surtout par gros temps et en solitaire. Il est difficile de bien calculer une trajectoire par rapport au plan d’eau, et de bien l’effectuer.

Point pratique Je vous propose « autoritairement » une manœuvre qui, de mon expérience, est à la fois simple à concevoir sur le plan d’eau, simple à exécuter en solitaire et surtout à réguler.

Dès que le coéquipier tombe à l’eau, mettez-vous immédiatement en direction de travers (c’est-à-dire dans l’axe des vaguelettes dessinées sur l’eau par le vent).

Légende : vous venez du largue (1a), du travers (1b) comme du près (1c), votre coéquipier tombe (2), vous prenez alors un bord de travers (3) sans réfléchir.

ensuite, une fois votre sang froid retrouvé, virez de bord ou empannez, sans changer le foc de côté, de manière à ce qu’il reste comme en cape courante.

Légende : vous tournez (4) puis reprenez un bord de travers en gardant le foc à contre (5)

à l’approche de la cible, régulez votre vitesse à l’aide de la seule GV. Puisque vous êtes à nouveau au travers, il est facile de réguler votre vitesse et de changer au besoin de trajectoire, dans un sens ou dans l’autre. (En réalité, le fait de garder le foc à contre vous fait dériver, si bien que pour suivre une trajectoire au travers, votre cap peut être au petit largue (donc plus près du vent), et il est plus facile de réguler votre vitesse et votre gîte.)

si jamais vous allez trop vite bien qu’ayant choqué la GV, il est toujours possible d’abattre un peu pour pouvoir lofer à nouveau, ce qui vous ralentira. Par gros temps, méfiez-vous, on sous-estime souvent la dérive de même que la rapidité avec laquelle un lof stoppe le bateau.

Légende : vous pouvez réaliser un détour sous le vent pour ralentir (7)

une fois contre la victime, à vitesse quasi-nulle, finissez de choquer la GV, poussez à fond la barre tout en le tenant, ce qui vous aidera à pivoter en lofant.

Légende : vous vous arrêtez à la cape en tenant la victime (8) par votre main avant. 

Point pratique Par petit temps, le bateau s’arrête lentement et vous pouvez
donc calculer 3 mètres d’élan lors de votre auloffée. Par gros temps, c’est
plus difficile car, dès l’auloffée, le bateau recule. Il faut donc passer très
près de l’homme, et l’attraper d’une main pendant l’auloffée. Dans tous les
cas, une fois le foc à contre, il ne faut pas hésiter à border la GV pour
avancer ou pour lofer, car le foc à contre diminue considérablement son action.

2.4. Prise du côté sous le vent

Je ne suis pas partisan de cette méthode. Elle peut à mon sens être recommandée par gros temps seulement, pour les raisons ci-dessus.

Je vous conseille là aussi de suivre un bord de travers au vent, pour les raisons
énoncées plus haut. Ensuite, arrêtez-vous à la cape et laissez-vous dériver.Compte tenu de la dérive (cf. les oscillations à la cape, ante), le secteur clair peut convenir. En effet, la trajectoire à la cape peut être modifiée en bordant ou choquant la GV : bordez un peu pour adopter une trajectoire plus proche du travers, choquez pour plus suivre l’axe du vent.

Attention, au moment d’attraper l’homme, vous devrez lâcher la barre. Je vous recommande alors de rapidement vous déplacer vers l’avant en traînant la victime, afin
d’éviter d’abattre.

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Application :
prise de mât en catamaran

Trop tard!!!

3.1. Définition

La prise de mât est une manœuvre qui consiste, pour un bateau manœuvrant, à aider un bateau dessalé en difficultés (équipage trop léger ou épuisé, bout de resalage absent ou trop court). Pour ce faire, l’équipage saisit le mât et, après s’être assuré que l’orientation du bateau dessalé était la bonne, le lève, ce qui suffit à resaler le bateau si l’équipage « victime » exerce son poids.

3.2. Manœuvre

La manœuvre d’approche est exactement celle décrite pour l’homme à la mer. Une difficulté supplémentaire survient : s’il est possible d’aborder le catamaran dans deux sens, un seul sera le bon. Il faut donc réfléchir au cas par cas. Cependant, en règle générale, il faut aborder le mât de telle manière que le bateau tourne ensuite face au vent et non dos au vent.

DANGER : dans cette manœuvre, en montant, le mât risque de se prendre dans les haubans ou l’étai du catamaran secoureur, ou encore de déchirer la voile.

3.3. Deux exemples

Les deux exemples ci-dessous ne peuvent pas être généralisés :
c’est le cas particulier d’un catamaran qui vient juste de dessaler. Néanmoins,
ces illustrations devront être gardées à l’esprit pour choisir le bon sens
d’abord.

3.3.1. Le bon : par l’arrière

Dans le cas typique ci-dessous, le catamaran vient juste de dessaler, il est encore au travers. Le bateau secourant aborde le mât au travers par l’arrière (AR1) et, au cours de son lof final, fait tourner le bateau victime (AR 2). Par la suite, le bateau victime présente une prise au vent importante et continue à reculer (AR 3), tandis que le bateau secourant, qui est à la cape, oscille. L’ensemble continue à tourner. Une fois le bateau
victime bien face au vent, il est temps de lever le mât.

3.3.2. Le mauvais : par l’avant

Dans l’autre exemple ci-dessous, le catamaran vient juste de dessaler, il est encore au travers. Le bateau secourant, mal avisé, aborde le mât au travers par l’avant (AV1) et, au cours de son lof final de mise à la cape, fait tourner le bateau victime (AV 2). Ce faisant, le bateau victime se retrouve dos au vent ! Il sera ainsi très difficile de resaler et, quand bien même, le bateau filera avant que ses équipiers n’aient pu monter à bord.

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