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Le chemin de Groix

     Michel venant d’apprendre qu’un couple de ses amis étaient actuellement en vacances à Groix, la proposition suivante est donc lancée le 30 août par SMS aux adhérents : « Lundi 2 septembre départ pour Groix vers 9h – 2 jours aller – 1 jour sur place – 2 jours retour ? » . Why not ? Pas trop de temps pour se préparer ainsi qu’une météo pas très favorable font que seuls ENAWEN et BRIDAN III seront volontaires pour appareiller pour cette virée de 5 jours.

Lundi 2 septembre
      Destination Doëlan, 32 milles nautiques à parcourir. Amarres larguées à 9h40…et comme annoncé : pas de vent. On cherche le moindre souffle en allant très au large mais en vain ! L’usage prolongé du moteur nous laisse à penser que ce début de croisière sera plutôt un « chemin de Groix ». On passe le temps en prenant des photos artistiques (ex : ENAWEN « encadrant » un vieux gréement). Mais alors qu’on n’y croit plus, observant la girouette et le pavillon tricolore, le vent se lève doucement et il vire au portant.

     Vite envoi des spis sur les 2 unités ! Et c’est donc après 5 heures de moteur qu’on va enfin pouvoir faire de la voile avec une belle moyenne de 5 à 6 noeuds. Les manœuvres pour envoyer et affaler le spi se feront sans trop de difficultés, on apprend aussi à jouer avec la grand-voile pour perturber le moins possible la voile qui nous fait avancer. Après 8 heures de navigation, une arrivée correcte sur 2 bouées visiteurs et une escapade avec l’annexe d’ENAWEN pour trouver le seul resto d’ouvert, on termine confortablement cette première étape avec apéro et un bon steak tartare au Suroît

Mardi 3 septembre
     Après une bonne nuit on redémarre dans les mêmes conditions de pétole pour rallier Port Tudy. Départ 9h30 : moteur – 10h00 : voile à 2 noeuds – 11h00 : re moteur pour arriver à 12h30 à destination. C’est la « surpopulation carcérale » dans le port : toutes les places sont prises d’assaut avec des comportements pas toujours fair play … Bon, il en reste 3 et on trouve tout de même à se caler aux catways. Il fait beau et très chaud. Alors après un apéro déjeunatoire sous le bimini d’ENAWEN, c’est une bonne sieste qui restaure aussi nos carcasses.

     Encore un petit problème de câble électrique pour Daniel…mais sans baignade cette fois. Un faux contact dans le câble écrasé lors d’un précédent usage fait disjoncter le bornier…pas grave une autre bobine était en réserve. La rencontre avec les amis de Michel a lieu en fin d’après-midi, leurs histoires de jeunesse et autres événements de la vie égayent la soirée ainsi que le repas qui nous sera offert au restaurant Le Safran

Mercredi 4 septembre
     Un réveil plus matinal que prévu, avec l’arrivée à 7h00 d’un bateau de transport de gravier qui manœuvrera sa grue hydraulique pendant plus de 3 heures pour répartir sa charge au fur et à mesure de son débarquement! Navire cargo stationné le long du quai juste derrière BRIDAN ! Evidemment ! Bonjour le bruit et les odeurs de fioul. Mais il faut bien que certains travaillent quand d’autres ne font plus rien !

     Alors on bricole (remontage des vélos pliants) en espérant que la grisaille du ciel s’éclaircisse, car cette journée est quand même celle qui nous est dévolue pour faire du tourisme ! Nos petits vélos, achetés à l’occasion de la croisière des Anglo Normandes en mai dernier, sont donc à nouveau de sortie pour une petite virée de 3,5km jusqu’au phare de Pen-Men, tout proche du petit gîte où résident les amis de Michel qui nous invitent à déjeuner. Le ciel s’étant d’un seul coup dégagé, s’en suit une sieste originale pour Michel qui essaye un « Fatboy », curieux non pour un objet non moins curieux qui se gonfle dans un courant d’air et qui fait penser à un hybride entre hamac et kayak ! Michel y a dormi et à réussi à en sortir.

     Puis une visite en voiture de quelques point de vue remarquables : le trou de l’enfer, la plage convexe des Grands Sables ou encore celle des Sables Rouges. Michel réservera enfin une bonne table à l’auberge du pêcheur dont la spécialité de lotte à l’andouille nous échappera totalement car ne reconnaissant ni le poisson , ni l’andouille…la patronne, elle, reconnaîtra sur la fin qu’on nous avait servi par erreur du lieu et des pâtes à l’encre de seiche! C’était bon quand même !

Jeudi 5 septembre
     On prend les mêmes et on recommence ! Un nouveau cargo de graviers arrive au quai pour compliquer le départ du ponton de BRIDAN. Encore un cafouillage dans cet espace réduit qui se finit par une manœuvre toute en marche arrière. Pas très orthodoxe mais sans choc ni grabuge, et bien rattrapée, Ouf !

     Sur BRIDAN, en hissant la grand-voile, un tendeur de maintien de la drisse qui n’a pas été retiré se retrouve en haut du mât passant tel un trapéziste de cirque, du point de drisse, au pataras, puis à la balancine avant de se poser définitivement sur une barre de flèche ! Il y restera pour le moment c’est trop haut pour le décrocher !

     Michel de son coté est confronté à l’attrait soudain du bout du nerf de chute de son génois qui enlace la drisse du guidon du vent des étocs… un peu de bricolage en perspective pour pouvoir ré-arborer fièrement les couleurs de l’Asso. Il faut dire que si les jours précédents étaient sans vent, là ça se rattrape sérieusement ! Un vent continu toute la journée entre 4 et 5 Beaufort va nous offrir une allure au près serré assez sportive (très souvent entre 5 et 6 nœuds) avec une mer bien formée voire bien chahuteuse. Il nous aura fallu 6 heures pour effectuer les 24 mN nous séparant de la Chambre aux Glénan. Un trajet mano à mano entre ENAWEN et BRIDAN pour passer ensemble Penfret : c’était une belle « course ». Un petit tour à pied de l’Île St Nicolas pour ouvrir l’appétit qui viendra en mangeant sur ENAWEN des farfalles au thon …et chacun repart à son bateau pour passer une bonne nuit.

Vendredi 6 septembre
     Après une nuit calme à la Chambre (la bien nommée), Michel se réveille à l’aube (enfin presque) mais surtout propose le largage général des amarres à 8h30 ! Un départ supra matinal rarement vu depuis longtemps ! Il faut dire que les vents annoncés ne présagent pas de records de vitesse. Et bien c’est avec surprise que l’on va quand même accomplir assez rapidement notre trajet de 15 nm pour rallier Kerity. Car on aura une succession de zones de mer totalement plate sans vent aucun et de zones couvertes de risée accompagnée d’un vent debout, mais propice aux allures de près serré.

      Finalement les 2 voiliers avanceront entre 3 et 4 noeuds, que ce soit au moteur ou à la voile avec une mer changeante ! Un seul regret, alors que le vent se renforçait en toute fin de parcours, nous avons dû faire usage du moteur pour qu’ENAWEN puisse avoir une hauteur d’eau suffisante pour s’amarrer au quai avant 15h.
Une devinette pour finir ? Est-ce que pétole et rafale peuvent coexister en un même endroit ?
     La réponse est oui car nous avons été témoins de cet étrange paradoxe au droit du Guilvinec. Nous avons même dû nous boucher les oreilles pour ne pas su subir le bruit de tonnerre de ce RAFALE (car c’est de cet avion de chasse qu’il s’agit) qui nous a survolés à très très basse altitude en ce début d’après midi. Avec un bruit du tonnerre de Zeus !!!

Daniel D.


2 commentaires

  1. On remarquera que les deux matelots ont un sourire béat d’avoir retrouvé leur coussins  « anti-escars »😉
    Remarque d’un nouveau retraité !😄
    Amitiés
    Claude

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