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le livre de bord de BRIDAN

retour à la 6 Îloises

     Michel est un as de la navigation, mais durant cette superbe croisière, il s’est encore amélioré ! En effet, en termes de réglages de voiles il a énormément progressé car il a passé le plus clair de son temps à trouver toutes les astuces pour FREINER sa vitesse de façon à ce qu’ENAWEN ne distance pas trop BRIDAN. Tandis que dans le même temps le skipper de BRIDAN s’est escrimé  à faire tout le contraire pour tenter de le rattraper !!! Il faut tout de  même relativiser car au cours de quelques allures au près serré il est aussi arrivé à ENAWEN d’utiliser son moteur pour réduire les écarts…et bien qu’assez rare, ce fût palpitant.

     La croisière vue du pont d’ENAWEN est si précisément relatée, que l’histoire vue du pont de BRIDAN ne s’arrêtera que sur les quelques petites péripéties qui ont émaillé son propre parcours en rajoutant par ci par là quelques commentaires…

12/09 : Kérity-Brigneau.

     Pas grand chose à dire sur ce parcours puisque quasiment sans vent, c’est le moteur qui nous permit de tracer tout droit. L’arrivée à Brigneau avec un amarrage sur embossage s’est passée sans grosse difficulté. Daniel aidant Michel pour l’amarrage de la bouée arrière et Michel sortant son annexe pour aider Daniel à faire de même pour sa poupe.

13/09 : Brigneau- Belle Île (Le Palais)

     Sortie de l’embossage avec pivotement sur l’arrière pour Daniel, mais vite rattrapé pour une sortie honorable. Au début, le vent soutenu force à réduire le foc et les 4 à 5 nœuds ainsi obtenus font plaisir. En début d’après-midi le vent faiblit mais Daniel un peu plus éloigné des côtes de Belle Île, profite d’une meilleure trajectoire. La dernière heure se finit tout de même au moteur et s’achève par un amarrage à couple sur les pontons flottants de l’avant-port. A couple, mais à 3 voiliers ! : BRIDAN occupant la place du jambon entre les 2 tranches de pain que forment le voilier déjà à poste et ENAWEN qui resserre l’ensemble !

     Une nuit apocalyptique pour BRIDAN qui fait vivre à son occupant l’expérience de la vie intérieure d’un tambour. Ce ne seront que bruits de crissements de pare-battage, de coups de butoir entre les coques et autres clapots désordonnés. Bref le réveil pour Daniel n’est pas que matinal…il est continu !

14/09 : Belle Île (Le Palais) – Noirmoutier (L’Herbaudière)

     La vitesse à la voile sera globalement insuffisante sur cette étape et l’appui moteur sera souvent requis. Au large de Saint Nazaire on aura la chance d’avoir une petite brise vent arrière et on passera au travers des gros navires marchands avec les voiles en ciseaux. Et le vent faiblira à nouveau jusqu’ à notre port de destination en fin d’après-midi…mais c’est à ce moment là que le vent se lève pour évidemment nous « faciliter » les opérations d’amarrage ! La capitainerie nous autorise un amarrage en bout de ponton. Daniel est censé suivre Michel dans ses trajectoires pour négocier au mieux le vent latéral…mais Daniel ira au-delà de l’emplacement prévu, fera moult manœuvres  avant-arrière- babord- tribord pour éviter tous les autres bateaux en bout de ponton…il y parviendra…presque ! Le dernier virage un peu trop serré arrachera la bouée fer à cheval d’un bateau promenade pour handicapés !!! Bravo !

     S’en suivra une discussion avec un propriétaire très compréhensif qui acceptera un deal gagnant -perdant. Daniel lui échange sa propre bouée fer à cheval toute blanche toute neuve contre sa bouée orange toute moisie et explosée…Daniel n’aura de cesse de faire ensuite les accastilleurs de tous les prochains ports pour remplacer cette saloperie par une bouée classique orange mais toute propre !

15/9 : Noirmoutier (L’Herbaudière) – Île d’Yeu (Port Joinville)

     Le départ se passe bien et un vent bon plein nous fait avancer correctement jusqu’à midi où le moteur sera à nouveau nécessaire. Un amarrage à couple au ponton se passera sans trop de difficultés avec l’aide d’un plaisancier déjà installé. On profitera le soir d’un dîner pour déguster les « patagos » et discuter avec un vieux couple descendant d’un certain Bretet , héros d’un sauvetage de l’équipage d’un navire Norvégien coulé en 2017 par les Allemands. Mais héros malheureux mort de froid !

16/9 : Île d’Yeu (Port Joinville) – Sables D’Olonne (Quai Garnier)

     Pas assez de vent, donc appui moteur souvent sollicité. Michel assure la logistique avec sa pêche aux maquereaux. Michel ayant décidé de l’affranchir de sa tutelle, Daniel fait désormais les appels à la capitainerie et rentre en premier dans le port…nous ne sommes pas au même ponton mais cela ne se passe pas trop mal ni pour l’un ni pour l’autre. Ouf !

17/9 : Sables D’Olonne (Quai Garnier)- Île de Ré (Port de St Martin)

     Après avoir calculé et surtout recalculé les hauteurs d’eau capables de nous accueillir facilement au prochain port, c’est Saint Martin de Ré qui sera maintenu comme prochaine escale et non La Rochelle un instant imaginé comme solution de rechange.

     Une journée de navigation quasi complète à la voile avec du près serré. Vitesse entre 3 et 5 Nds. C’est tout bon. L’appontement se fait à l’entrée du port derrière le grand Môle. Une place pour nos 2 voiliers semble nous attendre mais l’épouse d’un plaisancier en attente de l’arrivée du voilier de son mari nous oblige à bouger un peu …on sera séparé ! Pas grave. Ce qui sera plus ennuyeux pour Daniel, ce seront les moustiques et les mouvements des flots à l’entrée de ce port qui se relaieront pour empêcher Daniel de profiter de bonnes nuits ! Petite entorse à notre organisation, Daniel restera 2 jours à Saint Martin pour revoir une famille de vieux Rétais qui l’hébergeait avec ses grands-parents lorsqu’il finissait ses grandes vacances d’écolier…séquence émotion !

     Avec un vélo de location, de belles balades, de bons resto …Daniel récupérera chez Uship  une belle bouée fer à cheval  toute neuve!

18 et 19/9 : Vacances à l’Île de Ré

     Le temps que Michel retrouve également de son coté 2 couples d’amis à Oléron. Tellement gentils qu’ils pourraient aussi devenir les miens ! Deux jours de relâche bien agréables sur Ré la Blanche.

20/9 : Île de Ré (Port de St Martin) – Saint Gilles Croix de Vie (Port la Vie)

     Il était temps de partir car la hauteur d’eau commence à flirter avec le tirant d’eau de BRIDAN. Mais le pilote automatique sur ENAWEN donne des signes de faiblesse. Michel sera pour cette journée obligé de le bricoler à multiples reprises …avec des cure-dent ! Le vent vient de l’arrière mais on a le courant contre nous. Daniel modifiera son cap pour avoir le vent légèrement de travers et il verra avec plaisir sa vitesse passer de 3 à plus de 4 nœuds …mais l’appui du moteur se fait de temps à autres nécessaire pour atteindre tardivement le port de Saint Gilles. Comme d’habitude désormais, Daniel s’engage en premier dans le chenal et aura la chance de trouver une dernière place sur le ponton visiteur juste avant que Michel ne vienne s’y mettre à couple. L’aide d’un plaisancier voisin sera appréciée durant nos manœuvres d’autant que le vent vient juste de s’inviter pour nous compliquer un peu la tâche. Ce plaisancier nous donnera également le code d’accès aux douches. Bien pratique !

21/09 : Saint Gilles Croix de Vie (Port la Vie) – Île d’Yeu (Port Joinville)

     Une perturbation avec pluie et force coups de vent nous a bien chahutés durant la nuit…sans incidence pour Michel qui dort toujours aussi bien, mais qui a perturbé Daniel qui dort toujours aussi mal. Le vent est toujours soutenu le matin et en sortie de port, on l’a en plein dans le nez et la mer se montre peu accueillante. On gîte beaucoup, Daniel perdra 2 grosses amarres …laissées libres sur le pont ! C’est malin ! BRIDAN fait pour autant de belles performances avec 2 ris dans la grand-voile et un foc réduit d’1/3 , les vitesses de  4, 5 voire 6 nœuds ravissent son skipper…mais on avance en zig zag…On se rend vite compte que les nombreux virements de bord ne vont pas nous permettre d’atteindre Noirmoutier comme objectif prévu. On penchera pour l’Île d’Yeu plus proche qu’on atteindra à voile mais aussi au moteur mis à contribution pour les 4 derniers mN.

     Mais l’exploit de cette croisière est à venir. Après avoir accompli les appels à la capitainerie, les places de ponton sont assignées et Daniel se dirige vers son catway…L’approche est correcte, ne reste plus qu’à sauter sur le ponton et reprendre l’amarre avant. Mais la proue de BRIDAN s’écarte vite et le skipper pense pouvoir le rapprocher en le prenant par le balcon…ce qu’il fait …mais il se fait  lui aussi entraîner et  décolle du ponton ! Il est donc maintenant pendu à l’extérieur de son bateau et les jambes bien repliées pour ne pas se mouiller les pieds. Tous les muscles sont alors sollicités : abdominaux, biceps, triceps, dorsaux, mollets, cuisses…pour passer sous la filière et remonter à bord. Tout cela avant que le bateau ne sorte de sa loge de catway ! La barre est reprise, la poignée de gaz aussi et l’aide du plaisancier qui sort du bateau voisin va enfin lui permettre de regagner sa place ! OUF !!!

22/09 : Île d’Yeu (Port Joinville) – Noirmoutier (L’Herbaudière)

     Le vent ne restera pas faible très longtemps après notre départ. Un vent de ¾ arrière pleines voiles fera atteindre de belles vitesses …jusqu’à une pointe de   9 nœuds pour BRIDAN…mais le vent forcit et par 2 fois Daniel verra passer sa baume de très près et lui fera prendre la décision de tout affaler et de finir prudemment la dernière heure à l’approche de Noirmoutier au moteur.

Une arrivée sans histoire au ponton…suffisamment rare pour être soulignée !

23/09 : Relâche à Noirmoutier

     Les prévisions de mauvaise météo annoncées depuis plusieurs jours pour ce dimanche ont été confirmées avec des rafales à 7B. La sagesse impose de laisser passer cette journée à l’abri et elle sera consacrée aux opérations techniques diverses : achat d’un nouveau pilote automatique Raymarine ST 2000+ pour Michel au magasin USHIP de l’Herbaudière , vidange du tank à eaux noires pour BRIDAN qui nécessitera son déplacement  jusqu’au ponton technique (vidange par aspiration malheureusement partielle, car la vidange résiduelle par gravité ne fonctionne toujours pas), et passage par la pompe à gas oil pour reconstituer les stocks. Les déplacements de BRIDAN sont décidemment toujours délicats dans ce port une nouvelle fois parcouru par de violentes rafales de vent. On ne sera pas trop de 2 pour éviter les écarts et les chocs pour retrouver la place assignée en bout de ponton. L’après midi sera consacrée aux rangements, au ménage et à une belle sieste ! Et Michel bouleversera ses habitudes en abandonnant pour une fois les fourneaux d’ENAWEN et en acceptant d’être invité à dîner sur BRIDAN …

24/09 : Noirmoutier (L’Herbaudière) – Houat (Port St Gildas)

     Le vent du dimanche a continué dans la nuit suivante, avec toujours les mêmes conséquences sur le sommeil des skippers : aucun problème pour Michel, plus difficile pour Daniel. Comme d’hab !

     Le vent arrière sera par contre toujours présent et efficace autorisant une trajectoire rectiligne bien axée sur la destination et des vitesses appréciables toujours entre 4 et 5 nds. Avec voilure réduite avec 2 ris dans la grand-voile pour les 2 voiliers…avec ½ foc pour BRIDAN mais rien pour ENAWEN !

     L’amarrage dans le port de Houat est toujours aussi mal aisé ; les embossages sont trop souples et s’entrechoquent, pas ou peu d’anneaux sur les bouées…et un placier qui nous « aide » en nous demandant de passer de la zone médiane à la zone derrière le môle, soi-disant plus protectrice. En fait, de toute la nuit ce ne seront que chocs et bruits associés…ainsi que des traces d’égratignure sur un des flancs de BRIDAN. Pour ce qui est du repos…toujours le même bilan évidemment !

25/09 : Houat (Port St Gildas) – Lorient (Port Louis)

     Le largage des amarres a été plus facile pour BRIDAN que pour ENAWEN , mais sitôt sortis les 2 voiliers ont pu bénéficier d’un bon vent de travers qui les poussent à 6 ou 7 nds avec toujours 2 ris dans la grand-voile. Ça trace tout du long !

     L’arrivée aux abords de Port Louis est stressante, du courant et des bateaux de toute sorte un peu dans tous les sens. Mais l’arrivée aux pontons est efficacement aidée par un placier qui a repéré que nous étions seuls sur nos bateaux et il nous a réellement facilité l’installation.

Le calme de la nuit a fait que les 2 skippers ont bien dormi !

26/09 : Lorient (Port Louis) – Glénan (La Chambre)

     Pour rééquilibrer les distances des 2 dernières étapes, les Glénan ont été préférées à Port Manec’h. La sortie du catway a été rendue un peu délicate par le vent de face et l’évitement des poupes des autres navires a été limite…mais c’est passé !

     Le vent portant, constant et toujours avec 2 ris dans la grand-voile a autorisé encore une fois une belle moyenne supérieure à 4 nds.

     L’amarrage aux bouées de « la Chambre » a été laborieux mais on pouvait espérer une bonne nuit.

     Cependant, à 2 h00 du matin, des bruits répétés ont réveillé le skipper de BRIDAN : une bouée scélérate étant venue au gré de la rotation du voilier se caler entre les 2 safrans ! Encore une nuit où le sommeil a laissé la place à de nombreuses sorties pour trouver une solution au petit matin en complétant l’amarrage de BRIDAN  par une 2° amarre sur la bouée scélérate !

27/09 : Glénan (La Chambre) – Port de Kérity

     On lâche les chevaux, toujours en vent arrière BRIDAN utilise la totalité de la grand-voile et tangonne le foc. Ce sera alors un seul bord sur une grand ligne droite permettant l’arrivée sur le chenal de Pennarguer  en début d’après midi. La marée n’est pas suffisamment haute pour aller directement au quai et impose une prise de bouée à la Poire. En 2 essais, BRIDAN est amarré avec une amarre temporaire à mousqueton…mais la gaffe tombe à l’eau ! Michel en sera quitte pour une ultime opération de secours et remettra à l’eau son annexe et son moteur pour ramener ce précieux outil.

     On aurait pu s’arrêter là, mais l’approche au quai fut encore un peu contrariée par un niveau d’eau encore insuffisant…et la manœuvre que le skipper jugeait impeccable s’arrêtera à 50 centimètres du quai …dérive stoppée dans les 5 cms de trop !

     10 minutes plus tard, tout était enfin bouclé …mais ce n’est quand même que le lendemain matin qu’on résoudra le problème de la vidange à eaux noires de BRIDAN à coups de furet à ressort et de furet à pression hydraulique !

     Ce dernier fait marquant amène à la conclusion que notre superbe croisière se termine comme toutes les autres manifestations du VdE… en faisant sauter le bouchon !!!!

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