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Les Anglos-normandes

     Des croisières sur une semaine, voire 10 jours, et même presque 3 semaines, le Vent des Etocs en a déjà proposé à ses adhérents.

     Mais 1 mois ? Pas encore ! Et bien cela a été fait sur ce mois de mai 2019 avec « Les Anglo-Normandes », une aventure qui devait permettre aux participants de remonter la côte ouest du Finistère en passant le raz de Sein puis le chenal du Four, ensuite mettre le cap à l’est pour longer les côtes du Finistère nord, des Côtes d’Armor et de l’Île et Vilaine en visitant les îles de Batz et de Bréhat, puis de faire route sur l’archipel de Chausey avant de visiter les îles Anglo-normandes, Jersey, Sercq, Herm, et Guernesey.

     Enfin il faudra bien penser à prendre la route du retour en rejoignant les côtes françaises à Paimpol pour se diriger plein ouest avec, pourquoi pas, un petit détour par le chenal du Fromveur pour faire escale à Ouessant puis des sauts de puces pour mouiller à Molène et Quéménès, avant de rentrer via l’île de Sein au port de Kérity.

     Le programme est alléchant, par contre il faut disposer du voilier adapté à une telle navigation, de la disponibilité sur une période aussi longue et de l’envie de se lancer dans l’aventure.

      Deux skippers, Michel et Daniel, en solitaire sur leurs deux voiliers ENAWEN (un Kelt 29 DI) et BRIDAN III (un First 25.7), décident de relever le défi.

     La première bonne fenêtre météo, du moins pour les 3 premiers jours, se présente le mardi 30 avril et les 2 voiliers sont déjà à quai, armés et avitaillés.

A 9 heures les amis du VdE sont là pour encourager les hardis navigateurs 

     Le voyage aller, qui consiste à aller se positionner en face de l’Archipel de Chausey, point d’entrée dans les Anglo-Normandes, va nous prendre 12 jours dont 3 jours bloqués à l’abri dans des ports pour cause de coups de vent.

     La première étape nous mène à l’île de Sein dans un grand bord au vent arrière, voiles en ciseaux. Nous sommes les 2 seuls voiliers à mouiller dans l’île et pouvons planter la pioche où bon nous semble avant d’armer l’annexe d’ENAWEN pour descendre à terre.

     Elle restera gonflée et opérationnelle pendant toute la durée de la croisière, remontée en navigation à l’horizontale sur la jupe d’ENAWEN, maintenue par des bossoirs « maison ».

     Le mercredi 1er mai nous nous lançons vraiment dans le voyage tout en continuant à naviguer dans des eaux qui nous sont familières. Afin d’être à poste pour remonter le chenal du Four avec le flot, c’est au Conquet que nous mouillons sur bouées visiteurs.

     Notre vie commence à s’organiser et les habitudes commencent déjà à s’installer. Ce sera pratiquement toujours le même scénario. A chaque arrivée dans un port ou un mouillage, plus ou moins sauvage, c’est en premier lieu notre monture qui bénéficie de notre attention. Rangement des voiles et du pont (drisses, écoutes, amarres etc…). Relevé des horaires, distances et autres données. Sauvegardes des traces du GPS et rangement des appareils électroniques (GPS, VHF, pilote automatique). Bascule de la batterie moteur sur la batterie de service et remise à niveau du réservoir de gasoil.

     Si nous sommes sur catway ou ponton dans un port, raccordement à l’électricité pour mise en route de la glacière électrique, et diverses mises en charge (VHF, appareil photo, lampe torche et … chauffage électrique) puis éventuellement remplissage du réservoir d’eau.

     C’est seulement après que les 2 skippers peuvent penser à eux et envisager un moment de « détente-apéritif » pendant lequel aura lieu le débriefing de la journée, avec analyse des navigations et éventuellement des incidents.

     C’est à ce moment là également que se prend une des décisions les plus importantes de chacune de nos journées : dîner à bord ou au resto ?

     Là encore le consensus se dégage rapidement et il s’avère, au terme de cette croisière, que les choix ont été assez bien équilibrés avec 15 restos pour 13 « on board » (dont 12 sur ENAWEN).

     C’est ensuite sur ENAWEN que les 2 équipages se retrouvent (en l’occurrence les 2 skippers solitaires) pour consulter la météo du lendemain et des jours suivants, ainsi que les heures de marées et leurs coefficients, afin de définir l’étape du lendemain et les orientations pour les jours suivants.

Exercice passionnant mais requérant beaucoup d’attention, parfois stimulée par un petit rhum arrangé.

     Et la croisière se poursuit : remontée du chenal du Four, entrée dans la Manche et ses marmites, escale à l’Aber Wrac’h, mouillage dans le port de Kernok à l’île de Batz ou nous resterons 2 nuits pour laisser passer un coup de vent, puis Trébeurden (et la famille), Port Blanc et Paimpol, pendant 3 nuits pour étaler notre 2ème avis de grand frais.

     Enfin c’est de Saint Cast le Guildo, un peu avant Saint Malo, que nous mettrons le cap sur l’Archipel de Chausey, porte d’entrée des îles Anglo-normandes.

     La navigation c’est cool, mais l’entrée dans chaque port peut-être une source d’inquiétude, voire de léger stress si c’est la 1ère fois que l’on s’y présente.

     Pendant toute la durée de la croisière, ENAWEN laissera BRIDAN se présenter en 1er et gérer la totalité des opérations pour les 2 participants. Le « petit scarabée » apprendra vite 😊

     Appel de la capitainerie, en France sur le canal 9 de la VHF, indications des caractéristiques des 2 voiliers qui demandent 2 places visiteurs pour la nuit (nom, longueur et tirant d’eau), puis reconnaissance des pontons et places visiteurs indiquées.

     Il vaut mieux que tout soit préparé et à poste sur chaque bateau, pare-battages et aussières sur les 2 bords, car la manœuvre d’appontage et d’amarrage en solitaire peut se révéler délicate surtout en cas de vent et de courants.

     Parfois nous aurons la chance de bénéficier de la légendaire solidarité des marins, quand un plaisancier, abandonne provisoirement son apéritif pour venir prendre nos amarres.

     Nous avons de plus toujours été remarquablement accueillis par le personnel des capitaineries, que ce soit en France ou chez nos amis britanniques.

     Dimanche 12 mai nous quittons notre mouillage de Grande Île à Chausey pour entamer la 2ème partie du voyage, le cabotage parmi les îles anglaises qui nous mènera successivement à Jersey, Sercq (Sark), Herm et Guernesey. Seule Aurigny (Alderney) sera ignorée de part sa position trop nord.

     Initialement nous avions prévu 2 jours sur chaque île, en fait nous nous adapterons en fonction de nos envies et nous resterons 3 nuits à Jersey et 3 nuits à Guernesey.

     Bien que très typée grande ville, paradis fiscal, voitures de luxe et marinas surchargées de yachts, tous plus clinquants les uns que les autres, Jersey et sa capitale Saint-Helier nous ont enchantés.

     Premier contact en terre British ? Euphorie d’avoir atteint notre but ? Météo particulièrement clémente ? En tous cas nous allons sillonner la ville après avoir enfourché Black and White, nos 2 montures vélocipédiques du bord qui se sont révélées, à plusieurs reprises, être un très utile investissement.

     Le mouillage du Havre Gosselin à Sercq est une pure merveille et Saint Peter à Guernesey, nous a permis des visites culturelles fort intéressantes avec entre-autre Hauteville House, la maison de Victor Huguo, le Castle Cornet, le tour de l’île et … le restaurant Village East.

Déjà 19 jours que nous naviguons, il faut peut-être commencer à penser à amorcer le retour !

     Le dimanche 19 mai une belle étape nous attend pour reprendre la mer. Cap direct de Guernesey sur l’île de Bréhat et son mouillage de la Chambre. 11 heures de navigation pour couvrir les 47 milles nautiques (près de 90 km)

Puis nous faisons cap à l’Ouest en faisant escale successivement à Port Blanc, Roscoff et l’Aber Wrac’h.

     Quant à rentrer par les 3 îles d’Ouessant, de Molène et de Sein, il nous apparaît finalement que ce n’était pas notre objectif principal et que ce serait « too much ». Nous pensons repartir plus tard dans la saison, avec d’autres voiliers du Vent des Etocs, pour une sortie spécifique du genre « Sein – Ouessant – Molène – Quéménès »

     Alors nous allons rentrer, mais à la cool, sans se presser, par petites étapes, comme pour décompresser et profiter encore de la magie de ce voyage en en retardant la fin.

     On diminue la longueur des étapes, on continue quand même à respecter les horaires de départ instaurés dès le début (lever à 7h30 pour larguer les amarres à 9h au plus tard), arrivée au ponton en tout début d’après-midi pour descendre à terre et se balader.

Le Conquet, Camaret, Morgat et Audierne voient successivement se pointer nos étraves.

     C’est par une superbe descente de la baie d’Audierne au vent arrière à plus de 6 nœuds que va se terminer en beauté cette aventure. Au bout de 3h30 nous arrondissons Men Hir !

Le 27 mai à 13 heures nous nous amarrons au quai de Kérity.

     Ainsi se termine une croisière de 4 semaines qui nous a fait parcourir 543 milles nautiques (plus de 1.000 kms) en 132 heures de navigations, nous avons fait escale dans 22 ports ou mouillages dont 8 îles.

     Nous avons fait relâche 6 jours dont 3 pour causes de mauvaise météo. Enfin, si la chaleur n’a pas été toujours au rendez-vous, nous n’avons eu de la pluie en navigation que 3 fois.

Et maintenant … pour

Et encore …

Enjoy yourself 🙂


3 commentaires

  1. un grand bravo aux deux navigateurs pour le périple d’abord et pour le journal de bord si bien construit. On rêve en lisant c’est magique.
    Un compagnon d’hivernage a Loctudy (first 25,7 s)
    A+

  2. Après la croisière en mer, Michel s’est lancé dans la croisière en mots et en images. Un gros travail et donc un grand bravo pour avoir construit cette grosse boîte à souvenirs en un temps record. S’y plonger, c’est repartir voyager…DD

  3. Pas mal la photo n° 20 (« Visite de Hauteville House »). Mais cela frise le selbstbefriedigung (dans le sens selbsterkenntnis – bien sûr).
    Photo 22 (id.) : Qui ne flashe pas sur les estampes japonaises ?
    Photo 34 (id.) : C’est Michel qui baratine la guide anglaise (dans un anglais impayable !) ? (Comme le suggère la photo 35).
    Eh bien sûr, Daniel est tout ouie (dehors) !
    Parce que photo 50, Daniel prend encore en photo la guide (ce que je comprends parfaitement !).
    Traduction : « les Anglo-normandes sont un prétexte pour aller draguer les sirènes anglaises avant le Brexit dur. »
    Belle balade !
    Un grand bravo aux deux hardis navigateurs.
    JM

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